Quand justice et médias font un bien curieux attelage

Dans l’édition du Monde datée du 4 novembre on annonce, à propos d’un hypothétique financement de la campagne présidentielle de 2007, les liaisons dangereuses de la Sarkozie. Pour aussitôt préciser que sur l’argent lybien l’enquête est impossible. Mais le Monde y a eu accès et échafaude un feuilleton plein de sous entendus qui s’apparente à une véritable fiction.

Jugez en plutôt à partir des extraits ci-dessous.

Il est précisé que les indices sur un possible financement par Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy s’accumulent.
Trois ans et demi d’investigations judiciaires poussées, toujours pas l’ombre d’une preuve définitive, mais de forts soupçons.
De l’enquête il ressort une impression troublante….
Beaucoup de fausses pistes et de témoignages invérifiables.
Les juges disposent de témoignages troublants.
L’ambassadeur de France en Lybie entre janvier 2008 et février 2011 leur a indiqué avoir entendu parler d’un possible financement de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Un ancien ministre mort en 2012 avait la manie d’écrire les comptes rendus de ses entretiens. Notamment celui avec le directeur de cabinet de Kadhafi concernant des fonds pour Sarkozy qui seraient partis…mais jamais arrivés. En plus le directeur de cabinet qui lui vit toujours n’a aucun souvenir de cette conversation.
L’une des hypothèses des enquêteurs est que M. Djourhi , présenté comme un apporteur d’affaires, ait été utilisé pour blanchir dans ses propres circuits financiers le cash lybien de la campagne de Nicolas Sarkozy. Ils ne sont pas parvenus pour l’heure à l’établir de manière certaine. Il est notamment question d’une villa à Mougins autour de laquelle auraient transité des dizaines de millions d’euros pour blanchir des fonds . C’est ce qu’affirment plusieurs dignitaires Lybiens. Des témoignages versées à l’enquête mais pour la plupart difficiles à vérifier.
Le juge Tournaire a réuni au moins sept témoignages qui accréditent la thèse du financement occulte sans pour autant l’étayer matériellement.
Il est aussi question de témoins à charge mais à la crédibilité parfois discutable. Les sommes évoquées varient de 1,5 à 3 millions d’euros et même à 20 millions en espèces ou 30 millions par virement .

Voilà , vous avez bien lu : des indices, des fausses pistes, des soupçons, des témoignages invérifiables, un ambassadeur qui a seulement entendu parler, un enchevêtrement d’hypothèses , des sommes variables de 1,5 à 30 millions d’euros, une thèse non étayée etc…

Quel est , devant tant d’incertitudes, le but réel du juge Tournaire ?
Comment des dossiers judiciaires sortent ils et pourquoi maintenant ?
La presse doit elle prendre le relais d’une procédure incertaine voire folklorique censée être couverte par le secret de l’instruction ou tenter d’établir des faits ?

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