Nous sommes ici par la volonté des médias.

Des syndicalistes viennent de retenir en otages durant une nuit deux dirigeants d’une entreprise parce que, selon eux, « c’est le seul moyen de retenir l’attention des médias ».

En 1990, j’ai consacré un livre « Nous sommes ici par la volonté des médias » à la façon dont les médias et bien sûr, en premier lieu, la télévision rythmaient notre vie collective, influençaient l’opinion, conduisaient aussi à inventer des gestes permettant de faire l’actualité.

L’image est irrationnelle, spectaculaire, émotionnelle, sensationnelle. Dans le monde cathodique, ce qui ne fait pas image n’existe pas. Cela a bien sûr ses limites. Nous croyons ce que nous voyons mais nous voyons seulement là où il y a des caméras pour filmer. Cette hiérarchisation de l’actualité implique donc de créer l’événement, le scoop, y compris en marge de la loi ou à son encontre, pour espérer avoir accès aux médias.

Des séquestrations aux voitures brûlées pour voir son « oeuvre » à la télévision jusqu’aux attentats les plus spectaculaires, il est indéniable que la protestation et même le terrorisme intègrent aujourd’hui la dimension médiatique. Et reviennent en boucle les questions lancinantes : faut-il tout dire, tout montrer, quelles limites, quelle distance ? Peut-on jouer un rôle important pour promouvoir des comportements positifs en évitant de le faire pour les comportements négatifs ?

Il s’agit d’autant moins de donner des leçons que nombre de médias et de journalistes se posent ces questions. Il s’agit d’avoir une réflexion collective sur notre capacité à éviter que nos sociétés, de plus en plus interconnectées, fassent de la violence sous toutes ses formes l’élément de représentation le plus aisé à être diffusé.

Les réussites d’un débat

Première réussite du débat de TF1 entre le Président et les Français : l’authenticité, la complémentarité, la représentativité des onze Français qui ont témoigné et discuté avec le chef de l’Etat. Ils sont pour beaucoup dans le succès de l’émission.

Deuxième réussite, une explication directe, franche, loyale, une conversation pleine de spontanéité entre le chef de l’Etat et les Français.

Troisième réussite, un Président simple, attentif, à l’écoute, serein, au top de sa connaissance des dossiers.

Quatrième réussite, l’audience excellente qui en dit assez sur la prétendue usure de la parole présidentielle.

Bref, un véritable exercice de démocratie directe, une première … qui ne sera sans doute pas une dernière.

Une fraternité francophone

J’ai connu Haïti voici bien longtemps. A l’époque, comme à Cuba et évidemment plus encore à Saint-Domingue,  le tourisme y représentait une ressource non négligeable. C’est un pays magnifique, aux habitants très attachants que les lois terribles de la nature et la folie des hommes semblent vouer à l’auto-destruction.

L’émotion est à son comble. L’image y est pour beaucoup. Et comme toujours se pose la question lancinante : et après ? Lorsque nous serons passés à autre chose, que deviendront-ils ? Tel est bien le sens de la conférence internationale qui devra se tenir pour financer non seulement la reconstruction mais aussi un plan de développement, en particulier économique et touristique.

Ce serait bien le signe que le monde ne vit pas seulement dans l’instant, d’une émotion à une autre et que le volontarisme dont nous nous réclamons ici est aussi celui d’une fraternité francophone.

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