pessimisme

68 % DES FRANÇAIS PESSIMISTES POUR L’AVENIR

Tel est le résultat principal de la 27ème vague d’enquête du baromètre de l’état d’esprit des Français Ifop/Dimanche Ouest France.32 % d’optimistes, c’est le deuxième plus mauvais score depuis 27 ans. Dans aucun domaine (sauf la protection de l’environnement et encore à 50/50), les Français ne font confiance au gouvernement. Le top de la défiance concerne l’augmentation du pouvoir d’achat (80 %) et la baisse des impôts (83 %).

Il ne faut pas s’y tromper. Ce pessimisme collectif, j’en parle souvent ici, est habituel, spécialement en France. Vous en connaissez l’une des explications. Plus nous noircissons  le monde qui nous entoure, plus nos performances personnelles sont valorisées et le bonheur individuel amplifié dans la sphère de proximité (l’immense majorité des Français se déclare heureuse dans sa vie personnelle). On notera néanmoins que c’est la première fois que l’inquiétude est aussi forte en début de mandat présidentiel. En décembre 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy, le niveau de pessimisme était à 47 % contre 53 %. Evidemment, la crise s’est installée et le climat s’en ressent. Il y a néanmoins là comme un échec de la part de rêve que François Hollande avait mis dans sa campagne. C’est un enseignement que je diffuse depuis longtemps : l’optimiste n’est pas le Lou Ravi de la crèche provençale. Il n’est ni béat, ni rêveur. Il regarde les difficultés en face, ne les contourne pas, mobilise des énergies positives pour y faire face.

Raymond Devos disait : « C’est une grande responsabilité que d’entraîner les gens dans le rêve. Il faut ensuite les accompagner pour redescendre sur terre ». Une phrase à méditer pour nos dirigeants.

Les ressorts du pessimisme

Afin de promouvoir l’optimisme et la confiance, il faut comprendre les ressorts du pessimisme. Commençons  par le langage. Le rapport des pessimistes à l’espace et au temps est à l’opposé de celui des optimistes. A leurs yeux, les causes des événements négatifs sont permanentes et générales. Lorsqu’ils traversent  des difficultés ou des épreuves, leurs commentaires sont généralement : « C’est toujours la même chose », ou « Y’a rien à faire » ou « C’est foutu ! ». A l’inverse, pour les optimistes, les raisons des contraintes sont temporaires et spécifiques. Ils affrontent, digèrent, analysent et s’en servent pour ne pas recommencer et rebondir sans délai.

Les pessimistes alimentent 3 travers humains très en vogue en France. Il y a d’abord l’exagération des risques et des souffrances. Il faut se plaindre, se morfondre, se désespérer. Il y a également la victimisation. Cela évite de se demander quelle part de responsabilité nous avons dans un échec. Il y a enfin la recherche de bouc-émissaires. Il faut toujours que ce soit la faute de quelqu’un, le voisin, l’automobiliste, le deux-roues ou de quelque chose, l’Etat, l’Europe, la mondialisation, etc.

Les pessimistes ont leur culte. C’est celui de l’indignation. Comme si se poser quelques instants sur l’esplanade de la Défense ou devant la Bourse allait arrêter la marche du monde, en particulier celle des pays émergents qui veulent sortir de la misère et dont les indignés se prétendent solidaires. Comme si nous allions, à l’invitation de Monsieur Hessel, revenir au Conseil National de la résistance, à  l’âge d’or, à ce passé qui ne reviendra jamais.

Le pessimisme, le déclinisme, le défaitisme, la sinistrose constituent une véritable entreprise de démoralisation nationale à laquelle nous devons faire face. Nous verrons, la semaine prochaine, pourquoi et comment c’est plus encore en période de crise qu’il faut mobiliser des énergies positives.

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