Jean-François Kahn

Parlez-vous le « Jean-François he Kahn » ?

Yes he can, il peut tout Jean-François Kahn, même transformer un dérapage en complot médiatico-politique. Si vous en voulez la preuve, lisez, cette semaine, sa tribune dans l’hebdo Marianne.

Il vilipende « les chiens couchants, le cabinet noir, les journalistes tenus en laisse » et même François Hollande, « intoxiqué », tous accusés d’avoir osé critiquer la comparaison faite par Martine Aubry entre Nicolas  Sarkozy et  Monsieur Madoff. Pour lui, c’est juste « une vanne », « pas un moment, ni de près ni de loin, même de façon allusive, elle n’a comparé Sarkozy à Madoff ».

Le problème, c’est que ce langage gère ses impasses. On pourrait penser qu’un penseur, même énervé, donne au lecteur l’information de base lui permettant de faire lui-même son propre jugement.

Mais Jean-François Kahn se garde bien de publier in-extenso la petite phrase en question.

Moi, je vous la livre, la déclaration de Martine Aubry, pour que justement vous fassiez jouer votre libre-arbitre et aussi vos connaissances grammaticales : « J’ai un peu l’impression, quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, que c’est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ».

Chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite, en particulier sur le respect de la fonction présidentielle. Pour en revenir à Jean-François Kahn, et si l’on comprend le français, il est difficile de ne pas considérer que Martine Aubry a, même « un peu », comparé le chef de l’Etat à Monsieur Madoff.

Mais le « Jean-François he Kahn » est un langage qui ne s’embarrasse pas de ces contraintes. Il définit un concept, un angle, comme l’on dit dans le journalisme, et masque ensuite la réalité pour s’y conformer. « Une manip « grosse comme un semi-remorque », selon l’une de ses expressions.

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