Les ressorts du pessimisme

Afin de promouvoir l’optimisme et la confiance, il faut comprendre les ressorts du pessimisme. Commençons  par le langage. Le rapport des pessimistes à l’espace et au temps est à l’opposé de celui des optimistes. A leurs yeux, les causes des événements négatifs sont permanentes et générales. Lorsqu’ils traversent  des difficultés ou des épreuves, leurs commentaires sont généralement : « C’est toujours la même chose », ou « Y’a rien à faire » ou « C’est foutu ! ». A l’inverse, pour les optimistes, les raisons des contraintes sont temporaires et spécifiques. Ils affrontent, digèrent, analysent et s’en servent pour ne pas recommencer et rebondir sans délai.

Les pessimistes alimentent 3 travers humains très en vogue en France. Il y a d’abord l’exagération des risques et des souffrances. Il faut se plaindre, se morfondre, se désespérer. Il y a également la victimisation. Cela évite de se demander quelle part de responsabilité nous avons dans un échec. Il y a enfin la recherche de bouc-émissaires. Il faut toujours que ce soit la faute de quelqu’un, le voisin, l’automobiliste, le deux-roues ou de quelque chose, l’Etat, l’Europe, la mondialisation, etc.

Les pessimistes ont leur culte. C’est celui de l’indignation. Comme si se poser quelques instants sur l’esplanade de la Défense ou devant la Bourse allait arrêter la marche du monde, en particulier celle des pays émergents qui veulent sortir de la misère et dont les indignés se prétendent solidaires. Comme si nous allions, à l’invitation de Monsieur Hessel, revenir au Conseil National de la résistance, à  l’âge d’or, à ce passé qui ne reviendra jamais.

Le pessimisme, le déclinisme, le défaitisme, la sinistrose constituent une véritable entreprise de démoralisation nationale à laquelle nous devons faire face. Nous verrons, la semaine prochaine, pourquoi et comment c’est plus encore en période de crise qu’il faut mobiliser des énergies positives.

2 Responses to Les ressorts du pessimisme
  1. Claudio

    CQFD. Merci.

    Le Pessimiste et l’Optimiste

    Le pessimiste pense toujours que l’optimiste fait semblant de l’être. Qu’il applique bêtement une méthode Coué de langage courant, qu’il positive comme une caissière de grand magasin et qu’il se rassure par un pari stupide.
    Car, bien entendu, le pessimiste se croit dépositaire de la lucidité. Celle qui fait voir le monde et la vie sans lunettes colorées. Sa besace est pleine d’anecdotes, de faits historiques et de vérités éclairantes. Ne pas admettre l’évidence, c’est avoir le déni des poltrons.
    Le pessimiste est dans la survie et dans le subi. Sa pensée négative alimente sa machine à perdre et il finit par se donner raison.
    Quand on part du résultat, c’est assez facile de ne choisir que les arguments le démontrant. Et quelques innocents se font ainsi contaminer.
    Le pessimiste a une autre caractéristique, il aime forcer le trait. A peine inquiet dans sa salle de bains, il va franchement se montrer désespéré en public. Et le moindre doute se transforme en catastrophe. Qu’importe les moyens pourvu qu’on prêche la bonne parole, la vraie parole, l’apocalyptique parole.
    A ses yeux, l’optimiste est un illuminé, un béat irresponsable et fataliste qui s’offre ainsi les raisons de ne pas agir.
    Le comble : Parfois le pessimiste se croit sauveur de l’humanité, éveilleur de consciences, redresseur de torts.

    L’optimiste l’inviterait bien à sauter par la fenêtre pour prouver sa cohérence. Seulement, il faillirait à la sienne. Alors, il se résigne à proposer d’autres voies, à, inlassablement argumenter pour la vie. Son image lui importe peu, il fait.
    Il fait car il sait.
    Souffrances, doutes et croix sur le dos, il marche, trébuche et se relève. Le prochain virage révèlera bien une pâquerette… peut-être. Celle qu’on n’aurait pas pu voir. Même qu’on pourrait l’effeuiller… peut-être. Pour une belle qui pourrait y croire.
    L’optimiste compte sur lui sans compter ses pas, sans compter son temps. Demain chantera avec ou sans lui et c’est vrai. Parole d’illuminé, pense-t-il avec dérision.
    Il sait que c’est dans les verres vides qu’on se noie le plus facilement. Et que c’est l’état d’esprit qui décide de l’état de la situation ; pas l’inverse.
    L’optimiste est agaçant et il s’en fout.

  2. merle

    belle approche : pour avoir fait quelques recherches, je puis affirmer que les moins optimistes d’entre nous se prétendent non pas pessimistes mais réalistes.

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