Les français, rois du blues ?

C’est le titre du Parisien de ce matin qui publie l’enquête annuelle BVA-Gallup sur le moral dans 51 pays. Nous y figurons toujours comme les champions du monde du pessimisme.

En tête du classement de l’optimisme se trouvent le Nigeria, le Vietnam et le Ghana qui sont évidemment beaucoup moins favorisés que nous. C’est bien à partir de cette clé paradoxale qu’il convient de décrypter cette enquête.

Nous nous comportons comme des enfants gâtés par l’histoire, la géographie ,la culture, le niveau de vie et même l’intervention massive de l’Etat qui, par la redistribution,vient en aide aux plus défavorisés comme dans aucun autre pays de la planète. Comme l’a dit Gurcharan Daas, un écrivain indien, la France fait penser à un gros chat rassasié, assoupi au coin du feu : « il faut avoir un peu faim pour savourer le bonheur ».
Évidemment il y a et il y aura toujours des injustices. Mais les français qui sont en galère et veulent s’en sortir n’ont justement pas ces états d’âme. Ils ne se lamentent pas,eux! Ils savent que c’est au cœur de la difficulté qu’il faut plus encore mobiliser des énergies positives.

Si nous sublimons la confiance dans la sphère de proximité (80 à 90% des français se déclarent heureux dans leur vie personnelle) et si nous amplifions la défiance dans le collectif, au point d’en faire un monde extérieur et virtuel, c’est,  selon moi, une posture, un jeu de rôles.

En effet,nos performances individuelles sont d’autant plus flatteuses que le monde qui nous entoure est terrifiant. Comme disait Jules Renard, c’est pas le tout d’aller bien, mieux vaut que les autres aillent mal….

À la différence des habitants du Nigeria, du Vietnam et du Ghana qui se mobilisent pour améliorer des conditions de vie difficiles, nous avons peur, nous, de perdre et de décliner. Mais quand on a peur de perdre,c’est que l’on a quelque chose et lorsqu’on craint de tomber c’est que l’on n’est pas par terre.

La France doit faire sa révolution mentale, pratiquer collectivement la même hygiène de vie que celle que nous mettons en œuvre dans nos parcours personnels et familiaux ou nous nous obligeons, pour nous, les nôtres, nos proches, à positiver, à voir le verre plutôt à moitié plein qu’à moitié vide. Dès lors, sans nous dissimuler les risques de ce monde en transition, nous verrions davantage les atouts formidables de notre nation et la chance de vivre ici.

Tourner le dos à la sinistrose, au défaitisme, au déclinisme, au marketing du malheur, c’est prendre conscience que pour une personne comme pour un peuple, le développement, le bonheur ne sont pas seulement affaire de critères matériels mais de psychologie,de mental et donc de confiance, d’optimisme.

Jamais la bataille de la confiance n’a été plus nécessaire. Il est temps de faire de la somme de nos confiances individuelles une grande force collective à laquelle, comme à chaque tournant de notre histoire, rien ne résistera.

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