Il y a comme des doutes

La position officielle du PS sur la réforme des retraites, avancée par Ségolène Royal sur France2, semble sans réserve : solennellement en cas de victoire de la gauche en 2012, la retraite à 60 ans sera rétablie.

Mais il y a quelques bémols. Dès aujourd’hui, l’âge moyen de départ à la retraite à taux plein est d’environ 62 ans. Dans son texte officiel sur les retraites, le PS évoque pudiquement « des dispositions prévues jusqu’en 2020 concernant la durée de cotisation ». Comprenez par là, la référence à la réforme Fillon de 2003 qui effectivement prévoyait un allongement de la durée de cotisation.

Dès lors, on se pose 2 questions :

  • Promettre le maintien de la retraite à 60 ans, n’est-ce pas s’accrocher, comme le déclare Terra Nova, think tank  proche du PS, à «un totem dont  la réalité va s’évanouir» ? La quasi-totalité des futurs retraités se prépare, dans tous les cas de figure, à travailler plus longtemps pour bénéficier d’une meilleure pension.
  • Faut-il croire à l’engagement, même solennel, d’abolir le passage à 62 ans, alors que le PS s’appuie aujourd’hui sur la réforme Fillon de 2003 sur laquelle il s’était aussi engagé à revenir ? Peut-être n’est-ce qu’une question de temps, le député PS Gaétan Gorce reconnaissant lucidement : « l’allongement de la durée de cotisation a été la solution trouvée en 2003. Nous avons mis du temps à nous y rallier ».

Un sondage IFOP pour France Soir vient de livrer des résultats surprenants. Entre Martine Aubry, Dominique Strauss Kahn et Ségolène Royal, la plus fidèle aux idées et aux valeurs de la gauche est de très loin Martine Aubry. Et le ou la plus capable de faire gagner la gauche à l’élection présidentielle est, de très loin, Dominique Strauss Kahn. Le paradoxe est encore plus fort auprès des sympathisants socialistes. Faudrait-il taire ses idées et ses valeurs pour avoir une chance d’être élu ?

Enfin, les sondages ne sont qu’une photographie partielle, à un moment donné, mais il en est un qui est passé presque inaperçu. Libé l’a publié il y a quelques semaines. En matière de confiance sur les questions de sécurité, il plaçait en seconde position, derrière Nicolas Sarkozy et devant les leaders socialistes, Marine Le Pen. J’entends parfois parler d’un 21 avril à l’envers (quand Lionel Jospin n’a pu figurer au second tour de l’élection présidentielle), c’est-à-dire opposant la gauche et le FN .Cette hypothèse, compte tenu de l’exceptionnelle fidélité de l’électorat UMP,  n’est pas crédible.

Attention, en revanche, à un 21 avril à l’endroit si le PS croit pouvoir se contenter de pilonner le Président et le gouvernement  sans se remettre en cause sur les questions de sécurité, d’immigration clandestine, ou avoir le courage d’assumer une réforme claire pour sauver les retraites.

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