Deux ou trois choses que je sais des sondages

Comme toujours, la polémique facile et la démagogie ambiante conduisent à toutes sortes d’amalgames et de confusions sur la communication, en général, et sur les sondages, en particulier.

Les sondages sont-ils nécessaires à la compréhension de l’opinion ? Evidemment. Pour prendre le pouls de l’opinion, comprendre ses attentes, analyser l’accueil fait à une annonce, à la perception d’une mesure ou d’une réforme, tester une campagne de communication pour l’orienter au mieux. La démocratie est construite sur le lien entre une offre politique et une demande citoyenne. Il faut entendre l’opinion par tous les moyens. En allant sur le terrain. Jamais un chef d’Etat, un Premier ministre et des membres du gouvernement ne se sont autant déplacés. En écoutant les parlementaires qui ont beaucoup de choses à dire en rentrant de leur circonscription. Et aussi en faisant des sondages comme le font tous les gouvernements depuis 30 ans.

Y-a-t-il trop de sondages ? Les études les plus nombreuses sont celles publiées par les médias, à raison de deux ou trois par jour en moyenne. On finit, c’est vrai, par ne plus s’y retrouver avec les cotes de popularité, de confiance, d’avenir, etc. qui jouent au yo-yo et d’ailleurs cachent l’essentiel. J’ai expliqué depuis longtemps que la popularité était fonction de l’instant, des humeurs, de l’actualité et bien sûr de la crise. L’essentiel, c’est la légitimité dans la durée, c’est la volonté et la crédibilité à réformer, l’aptitude à gouverner, la capacité à assurer la place de la France en Europe et dans le monde. Tout le monde fait des sondages, les gouvernements, les entreprises, les médias, les partis politiques. Qu’a fait le Parti socialiste pour animer un séminaire de « reconstruction » ? Un sondage.

Gouverne-t-on par les sondages ?
Cela voudrait dire que l’on suit l’opinion au lieu de l’entraîner, que la politique est avant tout du marketing et se traiterait comme un produit. Ce serait une politique à courte vue, sans espoir ni perspective. La plupart des réformes créent au début des incompréhensions, des insatisfactions. Il faut du temps pour concevoir, mettre en œuvre, justifier de résultats.

Si l’on gouvernait par les sondages, il n’y aurait pas eu 80 réformes. Le mot réforme ne serait pas entré dans le vocabulaire quotidien des Français et des médias (souvenez-vous, il y a encore trois ans c’était un mot rare). Et l’on repousserait la réforme des retraites à bien plus tard.

En revanche, pour essayer de s’expliquer dans les meilleures conditions, de communiquer le plus clairement possible, tout ce qui permet de prendre en compte en profondeur l’opinion est utile. C’est vrai notamment des études de toute nature, de l’analyse des médias, des débats sur internet, autant de sources qui éclairent les décideurs..

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