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LES DÉLIRES DE MR ZEMMOUR

J’ai eu l’occasion dans une tribune de traiter une analyse d’Eric Zemmour, publiée dans Le Figaro du 29 novembre 2018 avec le titre tonitruant « Délivrez-nous des optimistes ». Il y a chez ce polémiste de talent une passion dévorante pour le marketing du malheur, les prévisions les plus sombres, les multiples menaces qui pèsent sur nous, l’exacerbation des peurs, le verre qui n’est même plus à moitié vide mais l’est totalement.

Mr Zemmour recourt souvent à une dialectique inversée. Le progrès industriel aurait permis Verdun et Hiroshima, la quête messianique du progrès social aurait donné le goulag, le progrès médical favoriserait l’explosion démographique. Pourquoi s’arrêtait-il sur ce chemin tortueux ? Il aurait pu ajouter : le vin est bon mais il cause des morts, le sport est plaisir mais il peut faire des victimes, on vit plus longtemps mais dans quel état ?

Les prophètes de malheur peuvent être utiles pour leurs mises en garde. C’est comme une montée d’adrénaline qui nous stimulerait à condition d’en sortir vite pour éviter la mauvaise humeur, la dépression ou pire. Comme disait Jacques Julliard :  » Il faut écouter leurs avertissements, ne pas suivre leurs conseils ». Décourager l’initiative, ajouter à l’anxiété, promouvoir le repli, nier les atouts de notre pays, c’est porter atteinte au moral de la nation, spécialement en cette période de crise où la relance est une priorité.

Au fond, les vives critiques de Mr Zemmour sur l’optimisme sont l’arbre qui cache la forêt de ses délires. La misogynie avec ses propos ou écrits sur les femmes qui « n’incarnent pas l’autorité, le pouvoir », « pouvoir qui s’évapore dès qu’elles arrivent ». La preuve à ses yeux : « Les grands génies sont des hommes ». Le bouquet est certainement : « Les femmes devraient remercier les hommes qui les trompent avec une pétasse, ils en seront de meilleurs amants » . Le révisionnisme avec la tentative de réhabiliter Pétain, qui aurait sauvé des juifs de France, tout en omettant de citer ceux qui sont morts dans les camps de concentration .L’insupportable amalgame, lorsqu’il déclare sur le plateau de CNews , à propos des migrants mineurs isolés : « Il faut qu’ils partent tous, comme le reste de l’immigration, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont ». Dans son dernier livre « la France n’a pas dit son dernier mot », cet auteur prolixe étend son sombre diagnostic aux citoyens eux-mêmes : « Depuis une quarantaine d’années, la communauté de citoyens se désagrège sous les coups portés d’une société d’individus qui ne veulent connaître que leurs droits, et aucun devoir, et ne voient l’Etat que comme un distributeur de services et de lois pour satisfaire leurs moindres caprices. Des individus sans racines et sans histoire, qui se rêvent en citoyens du monde, détachés de tout ancrage national. Ils ne connaissent ni territoire ni peuple ». Voici les Français rhabillés pour l’hiver, sans réserve, sans la moindre attention portée aux millions de personnes engagées dans le bénévolat, aux centaines de milliers d’associations qui font vivre la solidarité au quotidien, aux multiples initiatives positives qui émanent, chaque jour, des territoires, des collectivités locales, des entreprises, des associations, des services de l’Etat, bref à cette France qui, n’en déplaise à Mr Zemmour, fait son devoir, fière de ses racines et de son histoire.

Je me souviens des moments où Eric Zemmour a commencé à percer. Face aux critiques qu’il suscitait déjà, on pouvait encore le défendre, comme on l’a fait pour nombre d’autres polémistes, au nom de la liberté d’expression. Il va maintenant tellement loin que l’on doit tous s’interroger sur les conditions et les effets de sa pensée extrême.

Selon Boris Cyrulnick, la pensée extrême est totalement explicative : ce sont des pensées simples et linéaires qui semblent vraies et incontestables, qui ne laissent pas la possibilité d’inventer d’autres pensées. Selon lui, ces mono-explications, cette pensée paresseuse, cette vision manichéenne, l’intolérance, le mépris ont un effet dévastateur qui peut conduire jusqu’à la violence et au conflit.

Mr Zemmour est un allumeur de mèches, qui se rend certainement compte des risques qu’il y a de jouer avec le feu. A nous d’être des pares-feux.

Le Printemps de l’Optimisme prend le train de la relance

Avec la crise sanitaire, les Français ont plus que jamais besoin de raisons d’espérer et de se projeter dans l’avenir. Il s’agit d’un véritable enjeu de société. La France est un oxymore. Une grande majorité de français se déclare plutôt heureuse dans sa vie personnelle et, simultanément, pessimiste sur le plan collectif. Nous avons à réconcilier bonheur individuel et confiance générale.
Notre conviction : c’est la mobilisation des énergies positives, individuelles et collectives, qui permettra à notre pays de rebondir. C’est pourquoi le Printemps de l’Optimisme a souhaité être acteur du Train de la Relance.
Notre mouvement est un mouvement unique, créé pour faire progresser l’optimisme en France. Avec des événements à succès à Paris et dans toute la France nous avons pu rassembler des décideurs de tous les horizons autour d’un objectif : nous voulons lutter contre le pessimisme qui paralyse ce pays. Notre union avec la Ligue des Optimistes de France et ses délégués territoriaux, notre communauté de 26 000 personnes irriguant l’ensemble du pays , nous permet de participer à la diffusion de cette mobilisation, partout en France !

Du 6 septembre au 2 octobre

Dans le Train de la Relance : une voiture dédiée à la mobilisation des énergies positives, avec la Ligue des Optimistes de France. Librairie optimiste, séances de dédicaces, ateliers et animations surprises. Sur les parvis un village de l’emploi.

Sur nos réseaux sociaux : le Train de la Relance passera par nos réseaux. Diffusion en direct des plateaux Reporters d’Espoirs, rencontres avec des porteurs d’initiatives qui font bouger la France, live sur les animations, reportage embarqué… Inauguration officielle le lundi 6 septembre, Gare de l’Est. Suivez le parcours et toutes les informations sur le site du printemps de l’optimisme.

DEPUIS 7 ANS NOUS FAISONS PROGRESSER L’OPTIMISME EN FRANCE

Avec la mobilisation sans précédent de partenaires, d’experts et d’intervenants, d’entreprises et d’organisations, du grand public et des médias.
Avec l’avant-garde de l’optimisme, 50 décideurs de tous les horizons résolus à améliorer le climat dans notre pays, qui dialoguent avec des invités d’honneur (Jacques Attali, Philippe Croizon, Frédéric Lenoir, Thierry Marx, Charles Pépin, Matthieu Ricard, Malene Rydahl, Frédéric Saldmann, Pierre Arditi, Guy Savoy, Frédérique Bedos…).
Avec nos événements à succès, qui ont déjà rassemblé plus de 15 000 personnes à Paris et Bruxelles.
Et avec une association forte, qui regroupe nos adhérents et ceux de la Ligue des Optimistes de France, pour permettre à chacun de s’impliquer plus directement et de relayer l’optimisme dans sa région.

Une démocratie au rabais

Tout le monde s’affole de la montée de l’abstention, chacun se demande ou sont passés les électeurs. Curieusement personne ne prend en considération le fait qu’il n’y a plus vraiment, à part les présidentielles, de campagne électorale digne de ce nom avec suffisamment de moyens pour éclairer les électeurs sur les enjeux, les mobiliser le jour du scrutin, appeler à leur engagement et leur civisme.

Évidemment le désintérêt des électeurs que l’on vient de vivre a des causes multiples, de l’exploitation hasardeuse des sondages par les médias, qui donnait le sentiment que les jeux étaient faits d’avance, à la banalisation du rassemblement national, qui a démobilisé ses électeurs, en passant par l’ignorance de savoir à quoi sert un conseiller départemental sans oublier, bien sûr, les effets de la pandémie. Mais probablement la cause majeure reste que les campagnes électorales, en tout cas territoriales, sont devenues sans intérêt ni saveur, bientôt sans militants, uniquement numériques ou dans les médias qui n’ont ni le temps ni la mission de mobiliser les électeurs. Dès lors, la différence se fait sur l’incarnation, la prime au sortant et l’abstention différentielle qui fait gagner celui dont les électeurs sont les moins démobilisés. Pas très brillant pour une démocratie vivante.

Il est temps d’arrêter le massacre. Je ne plaide pas pour ma paroisse, n’ayant plus d’agence de communication ni d’intérêt matériel. Je m’engage avec cette passion de la vie publique qui ne m’a jamais quitté.

Que peut-on faire ?

Premier enjeu : augmenter le plafond des dépenses électorales. Comment voulez-vous qu’une liste aux élections régionales mobilise 3,4 millions d’électeurs avec un budget de campagne de 1,8 millions d’euros ? Comme la santé, la démocratie n’a pas de prix mais son expression électorale est soldée à environ 0,60€ par électeur. Serait il déraisonnable de consacrer à la communication 1 € par électeur inscrit ? Peut-on en finir, il est vrai dans un pays où le rapport à l’argent est si complexe, avec cette démagogie ambiante qui consiste à ne pas payer les élus au tarif et à toujours et partout limiter au maximum les dépenses de communication ?

Second enjeu : laisser les candidats utiliser librement la plupart des moyens de faire campagne. A partir du moment où l’on fait respecter des plafonds de dépenses crédibles, on se demande pourquoi interdire en plus l’affichage commercial ou l’achat d’annonces dans la presse notamment régionale ? L’affiche est, à l’origine, l’enfant chérie de la communication politique. A elle seule, elle signalise une élection, elle est reprise, elle fait évènement et débat. Pas comme ces pauvres affichettes dites officielles apposées parcimonieusement dans nos communes. Le créativité s’est effondrée. On doit à nouveau faire émerger des slogans, recréer l’impact qui touche le citoyen, retrouver l’émotion qui mobilise l’électeur,

En conséquence de cette liberté plus grande, il faut garantir la régularité des opérations d’autant plus que la moitié des dépenses électorales sont remboursées par l’Etat. Il convient donc d’augmenter les moyens de contrôle de la Commission Nationale des Comptes de Campagne.

En complément, nous devons moderniser ce que l’on ose encore appeler la propagande officielle, cette débauche incroyable de papiers, de bulletins de vote envoyés au domicile des électeurs et qui coûte des centaines de millions d’euros. Remplaçons les professions de foi désuètes par un guide des candidats et assurons sa promotion numérique. Multiplions considérablement les panneaux d’affichage libre. Et, sous réserve de l’égalité des citoyens, posons-nous nous la question d’appeler au volontariat les électeurs prêts à renoncer aux envois postaux au profit du numérique, les bulletins de vote restant disponibles dans les bureaux de vote. Cela pourrait créer une aile marchante du futur vote sur internet .

Enfin, il serait sage d’attribuer au Service d’Information du Gouvernement une dotation spéciale pour organiser avant chaque élection une campagne de mobilisation civique et, pour certaines consultations comme les départementales et les régionales, une campagne pédagogique sur l’organisation et les missions.

Il serait sage qu’un collectif de dirigeants et d’élus se penche sur cette question cruciale de la réanimation de nos campagnes électorales.

Thierry Saussez
Ancien délégué interministériel à la communication

La vie est belle à proportion qu’elle est féroce

Vous vous souvenez peut-être du magnifique film d’Alain Corneau « Tous les matins du monde »,  dans lequel Jean-Pierre Marielle prononce ces mots dont nous pouvons faire la devise des optimistes lucides. À l’opposé des optimistes béats, qui pensent que tout va toujours pour le mieux, nous savons que l’on ne mesure le bonheur qu’après avoir traversé des épreuves et le succès qu’en ayant aussi connu des échecs.

Le Covid 19 est féroce. Il attaque, déroute, affaiblit et tue. Et peut-être, plus encore, il crée l’effroi et l’anxiété.

Dès lors, pour garder notre équilibre, évitons de voir seulement ce qui est triste et effrayant. Orientons notre regard vers ce qui est beau, positif dans cette crise.

Nous changeons notre comportement, nous progressons dans la mise en œuvre de gestes barrières qui vont durer, nous protégeons les autres avec les masques. Nous découvrons tous ces héros du quotidien, des professionnels de santé aux hôtesses de caisse, des commerçants aux éboueurs, des personnels communaux aux bénévoles si nombreux.

Nous refaisons société autour des grandes valeurs positives.

Nous exprimons notre gratitude comme tous les soirs à 20 h. C’est un enjeu collectif qui nous relie aux autres et fait monter en nous les hormones et neuromédiateurs positifs pour créer un climat de mieux être et de sécurité.

Nous pratiquons la bienveillance qui n’est pas utopique mais réaliste. Le monde qui nous entoure est connecté, interdépendant. Nous prenons mieux conscience que sur tous les plans, nous sommes affectés par les dysfonctionnements, les crises, les difficultés de ceux qui sont menacés ou en galère, nos négligences a l’égard de la planète qui a mieux respiré durant notre confinement.

Nous développons l’engagement en délaissant la théorie de l’individu replié sur lui-même, dans un égoïsme croissant et l’abandon des solidarités les plus élémentaires. S’affirmer individuellement ne veut plus dire que l’on cesse d’être avec les autres.

Nous nous transcendons. Ce dépassement intègre évidemment la spiritualité dans sa version religieuse mais l’étend à sa dimension laïque. C’est l’idée de La belle vie qui nécessite de donner un sens à notre existence, d’accrocher notre char à une étoile, de n’être jamais aussi grand qu’en servant des causes qui nous dépassent.

Alors, bien sûr, les pessimistes rétorqueront que nous sommes toujours aussi râleurs, jamais contents, attendant toujours tout de l’Etat sauf quand on reçoit ses impôts, critiquant les pouvoirs publics quand ils en font trop…ou pas assez.

J’ai toujours été assez sceptique sur la réalité de cet oxymore tricolore : 80% des Français se déclarent plutôt heureux dans leur vie personnelle et 80% constituent collectivement le peuple le plus pessimiste du monde. Cherchons l’erreur. L’opinion sublime la confiance dans la sphère de proximité, la famille, les proches, le local. Et déprime volontairement la confiance dans l’univers collectif en en faisant le réceptacle de ses frustrations, mécontentements et revendications. Comme disait Jules Renard, ce n’est pas le tout d’aller bien, mieux vaut que les autres aillent mal. En noircissant le monde qui nous entoure, nous valorisons nos performance individuelles.

Il est possible que cette crise réduise l’écart exagéré entre satisfaction personnelle et défiance collective en nous faisant réaliser que la somme de nos bonheurs individuels est une force, que la France est une chance, notre identité, notre sentiment d’appartenance, notre fierté. À condition de continuer à dépasser ces trois ressorts négatifs de l’exagération des risques et des souffrances, de la victimisation, de la recherche de boucs émissaires. Alors nous donnerons raison à Albert Camus quand il écrivait dans le mythe de Sisyphe «  c’est au cœur de l’hiver que j’ai découvert que j’avais en moi un invincible été »

D’une crise faisons un espoir

Le dernier baromètre Sciences Po/Opinion Way accentue encore le pessimisme collectif des Français et souligne toujours le paradoxe avec leur bonheur individuel . Une grande majorité d’entre eux déclarent avoir réussi leur vie.

Depuis longtemps j’ai identifié, dans mes ouvrages et conférences, parmi les causes du pessimisme collectif des Français :

– le rapport à l’argent issu de notre tradition catholique. L’usurier était excommunié. L’argent était sale lorsqu’il n’était pas donné. D’où notre retard historique lorsque les échanges internationaux ont commencé par rapport aux pays protestants. Il a fallu attendre Jean-Paul II pour la reconnaissance de l’économie de marché. Être mal à l’aise à l’égard de l’argent conduit tout droit à la jalousie et à une sorte d’hystérie anti-fric et, plus généralement, à l’encontre de .ceux qui réussissent.

– le rapport à l’État qui tient une place considérable dans notre histoire. Un Etat dont les Français attendent qu’ils les accompagnent du berceau au cercueil mais protestent quand ils reçoivent la note, d’où une frustration permanente

J’ai également déterminé 3 grands leviers du pessimisme :

– l’exagération des risques et des souffrances qui fait perdre de vue, au profit des inclus, la situation des plus défavorisés, les personnes au-dessous du seuil de pauvreté et les chômeurs de longue durée – la victimisation qui peut conduire à ne jamais se demander pour combien on est dans une situation précaire ou difficile

– la recherche de bouc-émissaires tant il faut toujours s’en prendre à l’autre pour fuir ses propres responsabilités ou son absence de volonté

Chacun fera le lien avec l’actualité.

Les gilets jaunes incarnent un mouvement passionnant né du terrain, amplifié par les réseaux sociaux et les médias, illustrant la fraternité des ronds-points et surtout le déclassement d’une partie des classes moyennes.

Mais c’est un mouvement irresponsable face aux débordements, aux infiltrations, aux morts et blessés, aux dégâts économiques et sociaux, au recul de l’attractivité de la France, au moral de la Nation.

Il leur appartient d’inventer de nouvelles formes d’action pour conserver le meilleur de leur utilité et corriger leurs défauts de jeunesse. Certains d’entre eux militent dans ce sens. Comme disait Voltaire, « ceux qui ne croient pas en l’impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui sont en train de le faire ».

Thierry Saussez, créateur du Printemps de l’optimisme

Happycratie
 ou une critique idéologique de « l’industrie du bonheur » (sic)

Un livre est publié qui semble critiquer la psychologie positive et dont les auteurs annoncent la couleur : «les marchands de bonheur prétendent agir pour notre bien. Nous ne devons pas les écouter ou nous nous perdrons dans une vaine obsession de nous-mêmes».

À la lecture de l’ouvrage, on mesure d’abord les impasses gigantesques que les 2 auteurs, Edgar Cabanas et Eva Illouz, font volontairement.

Impasse sur les recherches sur le cerveau qui confirment les intuitions initiales des pères de la psychologie positive et indiquent clairement que le meilleur médicament est en nous. Rien sur la plasticité de notre cerveau avec des réseaux parallèles et interconnectés. Rien sur les liens entre cerveau et muscle cardiaque qui relient émotions et pensées. Rien sur la capacité d’une seule pensée positive pour déclencher la kyrielle de neuromédiateurs et d’hormones bénéfiques et rien non plus sur la simple pensée négative qui conduit à la montée d’adrénaline, l’accélération du rythme cardiaque, de la pression artérielle et de la dilatation des bronches. Et, bien sûr, rien sur tous les petits exercices qui permettent de vérifier ces préceptes scientifiques. Se concentrer au réveil sur une chose agréable. Arriver au travail sans râler mais en partageant une bonne nouvelle. Exprimer plus souvent sa gratitude, etc.

Impasse sur les psychologues, psychiatres, pédiatres, médecins qui, de plus en plus nombreux, s’engagent, pratiquent, écrivent sur le fait que l’esprit soigne le corps et réciproquement, rien sur les bienfaits de la méditation, l’accompagnement positif des enfants et, plus généralement, des malades ou des personnes qui traversent une période difficile.

Impasse sur cette idée lumineuse et évidente que le développement d’une personne ou d’un peuple ne dépendent pas seulement de critères rationnels mais aussi du psychisme et du moral personnel ou collectif.

Impasse sur toutes les initiatives comme l’action de la Ligue des Optimistes de France, le Printemps de l’optimisme ou la France des solutions qui valorisent tous ces innovateurs, entrepreneurs, associations ou collectivités qui, partout en France, chaque jour, développent des actions d’intérêt général.

Je m’arrête là tant on pourrait compléter cette liste.

Alors, me direz-vous, pourquoi toutes ces impasses ? Pourquoi un angle si négatif et déprimant ? Pourquoi un livre à charge ?

On le comprend en 2 temps.

D’abord,  l’attaque se concentre autour de ce que les auteurs nomment le marché du bonheur, une notion plus indéfinie, plus subjective, plus personnelle que l’optimisme qui repose sur les valeurs très concrètes que nous promouvons. Quand c’est flou il y a un loup. Et cette attaque cible les États-Unis là où effectivement sévissent de nombreux gourous qui promettent aux crédules de devenir des winners, en ne comptant que sur eux- mêmes. Le contraire de notre approche sur le moi/nous, se réaliser pleinement en connexion avec les autres.
Ensuite, la révélation : l’objectif de ceux qui s’engagent pour promouvoir le bonheur et par amalgame la psychologie positive serait tout simplement de « raviver l’individualisme » pour faire de chacun «l’esclave de valeurs imposées par la révolution culturelle néolibérale ». Cela doit laisser coi, comme moi, tous nos parrains, partenaires, experts et philosophes !

Ainsi le rideau de fumée se dissout. Une charge furieuse, prétendument documentée, uniquement pour des raisons idéologiques qui nous sont totalement étrangères et qui, non seulement, n’altèrent en rien notre combat pour les valeurs positives de l’engagement, la bienveillance, la gratitude, la justice, l’exemplarité, le partage mais au contraire nous renforcent dans nos convictions.

Thierry Saussez
Vice-président exécutif de la Ligue des Optimistes de France
Créateur du printemps de l’optimisme

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