A propos des 101 mots de l’optimisme

Je veux me promener, avec vous, dans tous ces mots et vous livrer quelques réflexions complémentaires. Commençons par le commencement.

Vous ne serez pas surpris, à l’issue de la lecture de cet ouvrage, de ma décision de l’ouvrir par un hommage particulier au grand philosophe que fut Alain.
Ses Propos sur le bonheur sont un vrai régal. On y trouve, dès 1925, la plupart des enseignements sur l’optimisme et la confiance que, depuis, modestement, nous n’avons fait qu’approfondir, actualiser, moderniser.
Tout commence, dans ce livre fondateur, avec cette petite vérité d’apparence évidente mais qu’il est sain de rappeler sans cesse : « Comme la fraise a le goût de la fraise, vivre, c’est déjà être heureux. » Dès lors, tout s’enchaîne pour poser les bases d’un véritable art de vivre.

– L’optimisme n’est pas de l’ordre de ce que l’on a mais de ce que l’on fait. Être en harmonie avec soi-même peut prendre de multiples formes : jardiner, cuisiner, écrire, peindre, jouer au foot, jouer ou écouter de la musique, converser, etc.
– Ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est de commencer par être heureux.
– La bonne humeur devrait figurer au premier rang de nos devoirs. Il convient de se déprendre des pièges de l’humeur, de défricher son humeur. La politesse est un art de vivre, la bienveillance est une vertu, chacune étant le miroir de l’autre. Il faut croire, espérer et sourire.
– La fatalité doit être refusée. La crainte est comme une maladie. L’homme véritable se secoue et construit l’avenir. Nous devons faire nos preuves dans la difficulté comme les anciens chevaliers.
– Il y a l’avenir qui se fait et celui que l’on fait. L’espérance ne tient que par la volonté et le désespoir uniquement par la force de ce qui est.

On ne peut imaginer de meilleure introduction que cette belle phrase d’Alain : « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté. »

Faisons-en la devise de tous ceux qui positivent.

D’emblée je veux m’adresser à tous ceux qui cherchent à culpabiliser les optimistes en leur opposant les difficultés du temps présent, en les présentant comme des inconscients, des nantis, des béats tels le Lou ravi de la crèche.

Il est pourtant évident que c’est plus encore au cœur des épreuves qu’il convient de mobiliser des énergies positives. Je l’ai compris, il y a 30 ans,comme élu local en allant rencontrer, sur des chantiers de réinsertion, des titulaires du RMI. Ils n’avaient pas d’états d’âme, eux, ils ne recouraient pas à ces travers humains qui s’appellent l’exagération des risques et des souffrances, la victimisation, la recherche permanente de boucs émissaires. Ils voulaient s’en sortir. J’ai éprouvé le même sentiment en recevant tant de témoignages de personnes luttant contre le cancer et me disant comment elles se battaient et avaient même, pour certaines, trouvées dans ce combat de nouvelles raisons de vivre et d’espérer. Que valent à côté de ces exemples nos petites contrariétés ou revers?

À ceux qui doutent encore je dédie cet autre passage de mon livre consacré à un ouvrage écrit près d’un siècle après celui d’Alain avec des réflexions qui sont si proches et si intenses.

SANTÉ PHYSIQUE ET MENTALE

Le magnifique livre de David Servan-Schreiber, On peut se dire au revoir plusieurs fois (Robert Laffont) est non seulement le récit de la bataille qu’il a mené durant près de vingt ans contre le cancer, un hymne à la vie, mais une leçon d’espoir qui devrait aider tous ceux qui affrontent des difficultés à les relativiser et à les surmonter.
« En psychologie, écrit-il, les recherches les plus novatrices se focalisent aujourd’hui sur un état très bénéfique pour la santé tant physique que mentale et qui avait été longtemps négligé : l’optimisme. » Cet état, selon David Servan-Schreiber, aide à vivre, sinon directement à guérir. Sa recette pour préserver son capital d’optimisme est de se concentrer sur ce qui va bien, de passer en revue toutes les choses, grandes ou petites, qui ont été agréables, qui ont apporté du plaisir, de la joie ou simplement de l’amusement.
Durant ces longues années de lutte contre la mort, il éprouvait quotidiennement de la reconnaissance et cultivait joyeusement un sentiment de gratitude. L’un de ces modestes plaisirs était le rire : « Si je dois arrêter de rire sous prétexte que j’ai un cancer, je suis déjà mort. »

Les 101 mots de l’optimisme sont disponibles en cliquant sur ce lien.

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