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BELLE ET GRANDE ANNÉE POSITIVE

Je vous présente mes vœux les plus optimistes pour la nouvelle année.
J’en profite pour partager avec vous quelques raisons de ne pas céder à la morosité.

CE QUE NOUS NE SOMMES PAS

Commençons par dire ce que nous ne sommes pas.
Évidemment nous ne sommes pas pessimistes.
Nous savons, comme disait Alain, que le pessimisme est d’humeur et l’optimisme de volonté.
Nous savons que, face à une difficulté, les optimistes et les pessimistes n’ont pas le même rapport à l’espace et au temps.
Les pessimistes diront toujours : c’est foutu, y’a rien a faire, c’est toujours la même chose. Les optimistes considèreront que si cela ne va pas aujourd’hui, ça ira mieux demain et que si quelque chose bloque a propos d’une situation où d’un projet il faut redoubler d’effort pour trouver la solution.
Nous ne sommes pas déclinistes, pas complotistes, nous ne nous abritons pas derrière ces 3 grands travers humains que sont :
-l’exagération des risques et des souffrances
-la victimisation
-la recherche de bouc-émissaires
Ils masquent le plus souvent le renoncement, le refus d’assumer ses responsabilités.
Mais nous ne sommes pas non plus des optimistes beats. Ce sont les extrémistes de l’optimisme qui pensent que tout va toujours bien.
Nous avons conscience que la vie est belle à proportion qu’elle est féroce. On ne sait vraiment ce qu’est le bonheur que lorsqu’on a aussi traversé des épreuves. On ne mesure le succès qu’à l’aune de ses échecs.

CASSER UN CLICHÉ

Cela nous conduit à casser le cliché selon lequel l’optimisme est fait pour quand ça va bien.
Quand ça va bien, on peut même avoir des états d’âme.
C’est lorsque ça va mal, pour franchir des obstacles, qu’il est plus nécessaire encore de mobiliser les énergies positives.
Nous ne rêvons pas le monde plus beau qu’il n’est. Nous n’ignorons rien des difficultés, des galères, des menaces.
Nous avons toutes et tous des moments de doute, des contrariétés, des angoisses même. Mais nous avons la volonté de faire face.
Nous préconisons de ne pas être seulement obsédés par ce qui est triste, moche, effrayant pour savoir aussi orienter notre regard vers ce qui est beau, positif, ce qui fonctionne, toutes ces initiatives porteuses d’espoir qui montent, chaque jour, du terrain en provenance des traceurs, des innovateurs, des entrepreneurs, des chercheurs, des associations.
Ceux qui apportent des solutions au lieu de créer des problèmes. Les faiseux plus que les diseux.
Ceux qui regardent devant et non pas dans le rétroviseur en louant ce passé qui ne reviendra jamais, cette nostalgie de l’âge d’or, comme si c’était mieux avant !

BON POUR NOTRE SANTÉ ET NOTRE MORAL COLLECTIF

Nous conduisons aussi cette bataille de l’optimisme parce que la preuve est faite que le pessimisme n’est bon ni pour notre santé ni pour notre moral collectif.
Les recherches sur le cerveau valident les intuitions initiales des pères de la psychologie positive comme Martin Seligman.
Une seule pensée positive fait monter la kyrielle des hormones positives et des neuromédiateurs du bien être, la sérotonine, la dopamine, les endorphines, l’ocytocine.
C’est bien pourquoi nous invitons chacun
– à se réveiller le matin en pensant à une chose agréable
– à arriver au boulot sans maudire la circulation mais pour partager une bonne nouvelle
– à exprimer plus souvent sa gratitude
Toutes ces petites choses qui développent la sécurité, la sociabilité, le calme, la confiance, la bonne humeur.
L’optimisme est bon pour notre santé. Il l’est également pour notre moral collectif.
« La France est un oxymore » disait mon ami Jean d’Ormesson.
Une majorité de Français se déclarent plutôt heureux dans leur vie personnelle.
La même majorité constitue collectivement l’un des peuples les plus pessimistes au monde. Cette défiance a des raisons historiques, culturelles et plus contemporaines avec les médias anxiogènes et cette multitude d’experts qui nous promettent souvent le pire.
Mais il y a également un biais. Un sondage du printemps de l’optimisme l’a prouvé, les Français dépriment volontairement la confiance dans la sphère collective. Noircir le tableau est une mode.
Jules Renard disait que ça n’était pas le tout d’aller bien, mieux valait que les autres aillent mal. Si moi, le grand Français, je m’en sors dans ce monde hostile, c’est vraiment que je suis formidable.
Le pessimisme collectif rehausse nos performances individuelles.
Malgré le biais évoqué, il est quand même préjudiciable à notre moral collectif.
Car oui, Alain Peyrefitte l’a démontré, en 1995, dans son livre « La société de confiance » : le développement d’une personne comme d’un peuple ne dépend pas seulement de critères rationnels. Pour une personne, la formation ou la culture. Pour une nation, le climat où les ressources. Mais aussi de leur psychologie, de leur moral, de leur énergie.

FAIRE DE L’OPTIMISME UNE GRANDE CAUSE NATIONALE

Dans cette bataille collective, nous avons fait des progrès. Les médias eux mêmes partagent de temps à autre des bonnes nouvelles.
Mais ce combat n’est jamais fini, jamais gagné d’avance.
A chaque fois se relèvent les vents mauvais, le marketing du malheur, les prophètes du désespoir.
Ne cédons pas un pouce de terrain à la défiance.
Ayons l’engagement chevillé au corps. En accrochant notre char à une étoile bienveillante. En ayant conscience que l’on n’est jamais aussi grand qu’au service des autres.
Ne rêvons pas notre vie.
Vivons nos rêves.
Comme écrivait Oscar Wilde « la sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit « .

Thierry Saussez
Président de la ligue des optimistes de France

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